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Interview avec Alain Dogou auteur de MA VÉRITÉ SUR LE COMPLOT CONTRE LAURENT GBAGBO Contre-rapport




Interview avec Alain Dogou auteur de MA VÉRITÉ SUR LE COMPLOT CONTRE LAURENT GBAGBO Contre-rapport des résultats de la Commission internationale de l'ONU sur la crise postopératoire

Contenu: Son travail dans le première gouvernement Gbagbo(1-2 Minutes) ; la CEI (de minute 2 a 8); Kassarate et Mangou sur le recomptage des voix des élections 2010 (minutes 19); le rôle de la France (minutes 22); L'ONU n' as pas dit la vérité sur les charniers et sur le re-armements (minutes 28-32); les charges de la CPI : la RTI 16 décembre (minutes 34) Abobo et la non existence d un plan commun de la part du gouvernement Gbagbo (minutes 37-44) ; Dogou répond au DDC (documents des charges) qui l accuse comme ex ministre de la défense d'avoir développé une politique d extermination contre les pro Ouattara; l l'Hotel du Golf (minutes 52).


Réalisée par Nicoletta Fagiolo


Vous avez été dans le cabinet du Ministre de l’Intérieur en 2001-2002.

Pouvez-vous nous parler de comment on avait envisagé d'accomplir le programme du FPI de 2000 ?


Au cabinet du ministre de l'intérieur, Maître Émile Boga Doudou en 2001-2002, nous avons initié et fait voter des lois importantes qui sont issues du programme du gouvernement, du Front Populaire Ivoirien pour lequel Laurent Gbagbo avait été élu, en 2000. Nous avons initié une des lois les plus importantes, à savoir le transfert de certaines compétences de l’État aux collectivités territoriales, ce qui a permis d'initier et de faire voter la loi sur la décentralisation. Et cette loi sur la décentralisation a permis la mise en place de Conseils Généraux de Districts et de Conseils Généraux de Départements. C'est un volet important du programme du gouvernement du Président Gbagbo qui avait dit aux populations, « Votez-moi et je vous redonne le pouvoir ». Et avec la mise en œuvre des Conseils Généraux de Districts et des Conseils Généraux de Départements, les populations avaient le pouvoir de décision, et cela leur a permis pendant 2 ans de gérer leur département et leur district.

Nous avons aussi, en 2002, initié et fait voter la loi sur le statut particulier donné au personnel de la Police Nationale. C'était des fonctionnaires comme tous les autres, et à qui la loi a permis l'harmonisation de leur corps, avec tous les avantages liés à la carrière militaire. Enfin, nous avons initié et fait voter, le Président Gbagbo a fait voter la loi sur le statut particulier du corps préfectoral. Ce sont des fonctionnaires de l’État, des représentants du pouvoir exécutif dans le Conseil Général des départements et dans les sous-préfectures. Et aujourd'hui cette loi permet à ce corps particulier d'être à l'abri du pouvoir mais aussi à l'abri des finances politiques et politiciennes de ceux qui détiennent momentanément le pouvoir d’État.


Vous avez passé 9 ans à la CEI donc vous connaissez bien sa composition. 80% était contrôlé par l’opposition même s’il y a un article de la Constitution ivoirienne qui n'a pas été respecté aux accords de Marcoussis où on avait négocié ce pourcentage de la CEI à l’opposition.


La Commission Électorale Indépendante qui a organisé l'élection de novembre 2010 a été composée selon les dispositions pertinentes de l'Accord de Pretoria. C'est suite à un blocage entre les partis politiques, que le Président Thabo Mbéki, médiateur de l'Union Africaine, avait convoqué les acteurs politiques ivoiriens, et pour régler la question de la CEI pour laquelle les partis de l'opposition et les mouvements rebelles et armés souhaitaient intégrés la Commission au même titre que les partis politiques légalement constitués.

Le Président Gbagbo, homme de paix, a estimé qu'il était important que l'ensemble des acteurs militaires et politiques, qui étaient des acteurs de la crise ivoirienne soient parties prenantes de la Commission Électorale Indépendante. Ainsi il a accepté que les partis qui le soutiennent et le pouvoir exécutif, notamment le gouvernement, soient minoritaires au sein de la Commission. Donc, il y avait 9 partis politiques et 9 représentants des partis politiques et du gouvernement sur 35 membres. Le Président Gbagbo Laurent avait 9 personnes qui lui étaient favorables et l'opposition politique et militaire avait les 26 membres, les autres membres. Donc je répète le Président Laurent Gbagbo, homme de paix, a accepté à Pretoria que les partis politiques d'opposition et les mouvements armés, qui ont revendiqué la rébellion soient parties prenantes et parties intégrantes de la Commission Électorale Indépendante. Il a donc accepté, puis son parti et le gouvernement, il a accepté qu'il soit minoritaire. Ainsi dans la CEI qui a organisé l'élection présidentielle d'octobre et novembre 2010, le Président Laurent Gbagbo avait 9 personnes sur 31 personnes. Cette cela qui justifie que les différents présidents des Commissions Électorales Indépendantes en 2005 puis en 2009 sont issus de l'opposition. Le président Mambé Beugré était militant du PDCI, il est resté président de la CEI pendant 5 ans et puis Bakayoko était militant du PDCI-RDA, il est, depuis 4 ans, président de la Commission.


C'est parce que l'opposition armée et politique était majoritaire que la présidence de la CEI est allée entre les mains de l'opposition. Mais pour le Président Laurent Gbagbo, c'était un gage de paix. Il fallait donner confiance, il fallait faire confiance. Et comme lui, il ne pense pas, ou ne pensait pas, que l'on puisse parjurer les résultats d'une élection, parce que ce sont les résultats qui sont donnés dans les bureaux de votes et consolidés au niveau régional et au niveau national, il n'a pas trouvé utile d'être ultra majoritaire dans une commission. Et malheureusement, cela a été exploité par les partis de l'opposition et les mouvements armés qui ont proclamé un résultat dans une chambre d’hôtel au quartier général du candidat Alassane Ouattara.


Les propres législations de la CEI et la loi électorale ivoirienne n'ont pas été respectées dans la déclaration du 2ème tour (pas au siège mais dans une chambre d'hôtel, sans les représentants des campagnes respectives, sans les autres commissaires qui attendaient le Président de la CEI au siège pour arriver à un consensus.) Pouvez-vous nous raconter les coulisses de ces jours.


Disons que la CEI, au regard de la loi, avait 3 jours pour proclamer les résultats provisoires. Cette Commission n'a pas pu proclamer les résultats provisoires du 2ème tour des élections présidentielles dans les délais requis des 3 jours. Donc le président de la CEI a convoqué, après le délai, les 31 membres de la Commission pour le lendemain, pour signer le procès-verbal le déclarant forclos, et donner le dossier au Conseil Constitutionnel qui, au regard de la Constitution Ivoirienne, est le juge définitif des élections. Donc les commissaires sont arrivés et c'était dans la salle de réunion. Nous, Moi j'étais le représentant du candidat Laurent Gbagbo auprès de la CEI pour la consolidation des résultats. J'avais été invité par président de la CEI, au regard des textes, pour être présent au moment de la consolidation et la proclamation des résultats provisoires. Donc j'étais dans la cour, les membres de la Commission sont arrivés, ils étaient dans la salle et puis le président de la CEI est venu 20mn après. Au moment où on s'attendait à ce qu'il intègre la salle de réunion pour commencer les travaux, on l'a vu ressortir et il n'est plus revenu. Nous étions dans la salle quand on nous a appelé que sur France 24, une chaîne de télévision française, le président de la CEI était en train de proclamer les résultats. Disons était en train de dire des chiffres, parce que jusqu'à présent les chiffres proclamés par le président de la CEI ne sont pas les résultats provisoires de l'élection présidentielle. En Côte d'Ivoire, les résultats provisoires sont proclamés par la CEI au siège de l'Institution, en présence des 30 membres de la Commission centrale et des représentants des candidats. Les chiffres énoncés à l'hôtel du Golf ne sont que des chiffres que, une personne, président de la CEI, a énoncé devant une caméra étrangère. Chez nous, il ne représentait pas une décision administrative. Vous n'aurez aucun papier à la CEI qui proclame les résultats provisoires de l'élection présidentielle. Il n'y a aucun papier à la CEI.


Dans votre livre vous faites aussi une analyse du rapport des Nations Unies sur la crise post-électorale qui a été publiée en Juin 2011. Pouvez-vous nous raconter certains des points essentiels que vous avez critiqué du rapport (vous avez répondu avec 26 points très pointus, où les faits montrent le contraire de ce que le rapport raconte)


Voilà, et c'est pour cela que nous continuons de croire, de dire que ce ne sont pas les résultats provisoires. C'est d'ailleurs pour çà qu'il y a eu la certification. La certification contrairement à ce qu'on raconte, ce n'est pas parce que le secrétaire général des Nations Unies, son représentant en Côte d'Ivoire, certifie les résultats. Non, la certification indique clairement que le secrétaire des Nations Unies, à travers son représentant, certifie les étapes. Donc l'ensemble des étapes doivent être certifiées. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que le secrétaire général des Nations Unies ou son représentant en Côte d'Ivoire, devait dire que :

1/- les résultats provisoires énoncés par le président de la CEI ne sont pas les résultats provisoires, parce qu'ils n'ont pas été proclamés au siège de l'Institution.

2/- Ils n'ont pas été proclamés en présence des 30 autres membres de la Commission centrale.

3/- Ils n'ont pas été proclamés en présence des représentants des candidats.

4/- Donc la procédure de publication des résultats provisoires n'a pas été respectée, je ne certifie pas l'étape de la proclamation des résultats provisoires.

C'est exactement ce qu'il avait dit au 1er tour, tel, tel et tel, étant respecté alors je certifie l'étape des résultats provisoires, puis après je certifie l'étape des résultats définitifs faits par le Conseil Constitutionnel pour cette élection.


Au 2ème tour, il a certifié, il s'est agrippé à des chiffres, or les chiffres sont de la compétence de l'Institution Nationale qui a organisé le scrutin, notamment la CEI et le Conseil Constitutionnel. Donc il ne peut pas se saisir des chiffres-là, il ne peut que certifier une étape. Les résultats proclamés, dans une chambre d'hôtel à l'Hôtel du Golf ne sont pas les résultats provisoires du 2ème tour de l'élection présidentielle. La CEI a des règles et la loi qui institue la CEI, dit clairement que la CEI prend ses décisions au siège de l'Institution. Les résultats ont été proclamés en dehors de la CEI, dans une chambre d'hôtel du quartier général d'un candidat. Et la CEI, elle-même, a édité le 13 novembre 2010 une note où, elle-même indique, que les résultats sont proclamés en présence de tous les membres de la Commission centrale. Cette note-là, elle date du 13 novembre 2010. Les résultats, les chiffres énoncés par Monsieur Bakayoko à l'Hôtel du Golf ont été proclamé en dehors des 30 autres membres de la Commission centrale. Et puis enfin, la CEDEAO dit que la CEI proclame les résultats provisoires, en présence des représentants des candidats.


Moi j'étais le représentant du candidat Laurent Gbagbo au 2ème tour, et j'étais dans la cour de la CEI, attendant qu'on m'appelle dans la salle de la Commission centrale quand on nous a appelés pour nous dire que sur une chaîne de télévision française, France 24, Monsieur Bakayoko Youssouf, dans une chambre d'hôtel, était en train d'énoncer des chiffres qu'il assimilait aux résultats provisoires. Et ce sont ces chiffres auxquels se sont adossés, à la fois la Communauté Internationale et l'ONU, la France, la CEDEAO, et surtout le certificateur des élections en Côte d'Ivoire, à savoir le secrétaire général, le représentant du secrétaire général des Nations Unies, qui a certifié les résultats du 1er tour. Cette fois-ci, il n'a pas certifié les résultats mais il a certifié les chiffres. Il s'est adossé à des chiffres. Or ces chiffres-là n'ont pas été obtenus selon les règles de l'art.


La certification indique clairement qu'il s'agit de certifier les procédures qui permettent d'accorder un crédit aux chiffres. Dans ce cas d'espèce, le représentant spécial qui est le représentant des Nations Unies aurait pu dire :

Je ne certifie pas l'étape de la proclamation provisoire du second tour des élections présidentielles parce que ces chiffres :

1/-ont été annoncés en dehors du siège de l'Institution,

2/- ont été annoncés en dehors des 30 autres commissaires centraux

3/- et ont été annoncés en dehors des représentants des candidats,

4/- donc je ne certifie pas l'étape des résultats provisoires.

Et ensuite, il devait certifier l'étape de la proclamation des résultats définitifs. C'est ce qu'il a fait au 1er tour, il a certifié la campagne, il a certifié les temps d'antenne, il a certifié le déroulement du scrutin, et il a certifié les résultats provisoires et il a certifié les résultats définitifs. Et cette fois-ci, il a fait fi de tout, et il s'est adossé à des chiffres qui ne sont pas crédibles parce qu’ils n'ont pas respecté l'ensemble des procédures édictées et qui constituent la certification.


Pour vous, votre 11 Avril.


Le 11 avril a été excessivement pénible, moi Ministre de la Défense j'ai été informé par le Commandant Supérieur de la gendarmerie que des chars de l'armée française encadraient des rebelles du MPCI et faisaient mouvements vers la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo. L'ensemble de nos dispositifs de défense avaient été détruits par l'armée française, elle-même, du 4 au 10 avril, et l'armée française était appuyée par les hélicoptères de l'ONUCI. Or dans la résolution onusienne, c'est la France qui constitue une force d'appui de l'ONUCI et non le contraire. Dans la mise en œuvre du dispositif qui a entraîné l'arrestation du Président Laurent Gbagbo, c'est plutôt la France qui était en première ligne et puis l'ONUCI, jouait les encadreurs. Donc c’est ce détachement de chars de l'armée française, qui encadrait les rebelles du MCPI qui ont fait irruption dans la maison qui avait été bombardée pendant une semaine, qui a entraîné l'arrestation du Président Laurent Gbagbo.


Pour moi, c'est déjà difficile d'être responsable d'une armée qui pendant 8 ans était sous embargo et qui s'est retrouvée dans un état de nécessité. C'est à dire que vous n'avez pas préparé une guerre, vous n'en avez pas les moyens parce que vous êtes sous embargo, vous avez des hommes qui veulent combattre mais les armes qu'ils ont, ne suffisent pas et les munitions suffisent tout juste pour 48h de combat. Donc on ne peut pas engager une guerre avec des munitions qui suffisent pour 48h de combats acharnés. Donc, nous étions en état de nécessité, c'est à dire en état de défense. Nous sommes restés constamment en situation de défense.


L'ONUCI a aidé les rebelles pro Ouattara en livrant des armes, aide logistique, dans le bombardement du palais présidentiel etc. Pouvez-vous nous parler en détails sur cet support du point de vu logistique et d'armements. 


Et nous avons vu la France, l'ONUCI et la CEDEAO, des mercenaires et, bien sûr, les rebelles du MPCI, bien renseignés, couverture aérienne de l'ONUCI et de la France, et de combattre une armée qui depuis 8 ans est sous embargo et qui a donc annihilé l'ensemble de nos dispositifs de défense qui est bon mais, sans munitions, nous étions impuissants, nous étions impuissants. Le Président Laurent Gbagbo est un Homme de paix. Lui et moi, qui ai été son ministre de la défense durant 4 mois, n'avons jamais parlé de guerre. Il a toujours été question de contenir les rebelles et leurs alliés pour donner une chance à la paix. Pour donner une chance à l'Union Africaine dans laquelle il était engagé, comme voie de sortie politique de la crise. Le Président Laurent Gbagbo n'a jamais pensé un seul instant que pour une histoire d'interprétation des résultats d'une élection présidentielle, qui est un conflit politique, on puisse en venir aux armes.


C'est pourquoi il nous a demandé de maintenir les lignes de front afin de permettre aux gens de la mission paix d’engager les négociations. Et vous avez remarqué, il a félicité l'Union Africaine pour la décision qui a été prise de nommer un médiateur pour la mise en œuvre des décisions de l'Union Africaine. Donc, jamais les forces de défense et de sécurité n'ont été en situation d'attaque. Elles ont été constamment attaquées. Elles ont été constamment attaquées. A la fois sur la ligne de front qui a été érigée depuis 2002/2003 et sur le système de défense de la ville d'Abidjan qui a été éprouvé jusqu'à ce que les rebelles arrivent et puissent prendre le Président Laurent Gbagbo. Laurent Gbagbo a toujours pensé que ce conflit allait finir par la négociation. C'est pour cela qu'il a demandé le recomptage des voix et quand il a proposé le recomptage des voix, les généraux Mangou et Kassaraté sont venus me voir pour me féliciter, pour me dire vraiment leur admiration pour le Président Laurent Gbagbo. Car il venait de choisir une solution politique devant un conflit non militaire. Donc, ils m'ont demandé de tout faire pour aboutir à cette solution politique. Malheureusement, l'adversaire qui avait un plan qui était différent a opté pour la solution militaire. La CEDEAO qui très tôt, à sa première réunion vers le 10 décembre, a opté pour le choix militaire pour la résolution de ce conflit politique entre 2 frères d'un même pays.

Et on ne peut pas régler la question de Laurent Gbagbo, sans que la CEDEAO soit présente. On ne peut pas régler la question de Laurent Gbagbo à la CPI, sans que l'Union Africaine soit présente. On ne peut pas régler la question de Laurent Gbagbo à la CPI, sans que la France soit présente. Et sans que le secrétaire des Nations Unies, dont le représentant en Côte d'Ivoire a violé le mandat de certification, soit présent. Ban Ki-moon a fait du faux, avec son représentant en Côte d'Ivoire. Et c'est à partir du faux, en certifiant un faux résultat que la Communauté Internationale a été trompée et la CEDEAO, l'Union Africaine, l'ONU se sont alignées sur un faux résultat qui a entraîné un conflit en Côte d'Ivoire. Si on juge Laurent Gbagbo à la CPI, il faut que chacun vienne et réponde de sa responsabilité parce qu'au commencement étaient ces discussions-là.


La lettre de Ban Ki-Moon à Sarkozy date du 9 Avril 2011 mais des forces françaises ont débarqué et ont pris l'aéroport d'Abidjan avant cette date, déjà le 3/ 4 avril. Donc sous quel mandat international étaient-ils actifs ? Quels équipements avaient-ils ? Aussi, vu que l’un de la grande victoire de Gbagbo était que la force Licorne avait fini son mandat selon un accord fait en 2008 et devait disparaître une fois l’ONUCI partie, pour toujours du sol Ivoirien.


Quand j'ai observé le rôle de la France depuis le début de la crise post-électorale, avec le président français qui donnait des injonctions au Président Gbagbo, et que j'ai vu que la Licorne, les forces françaises encore en Côte d'Ivoire, évoluaient en dehors de leur mandat, parce que la Licorne n'évolue que si l'ONUCI est demandée, or ici c'est la Licorne qui était en première ligne. Et je ne vous apprends rien, le soir du 4 avril 2011, la Licorne est arrivée avec 4 Transalls, 300 mercenaires, entre griffe, mais 300 forces d'élite qu'on appelle la Légion Étrangère et parquée avec du matériel lourd sur le tarmac de l'aéroport Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan. Et ils ont neutralisé le personnel de la tour de contrôle, ils ont installé leurs propres militaires et ils ont fait atterrir leurs avions et ils ont encerclé et mis dans une maison les gendarmes et les policiers ivoiriens qui assuraient la sécurité, et durant toute la période des bombardements de la présidence de la République, et des sites sensibles de l’État, la France était au premier rang. Et c'est encore la France qui encadrait les rebelles pour prendre Laurent Gbagbo. Et cette image n'est pas différente d'Alexander Dubcek.


Dans Ma Vérité sur le complot contre Laurent Gbagbo vous avez comparé votre exil le 12 Avril 2011 à l’époque où l'Union Soviétique a envahi Prague en Août 1968 pour chasser Alexander Dubcek.


La France s'est adossée à une résolution onusienne pour pouvoir faire sa sale besogne en Côte d'Ivoire. Et en 68 à Prague, les troupes de Prague du Pacte de Varsovie, en réalité on a fait croire que c'était les troupes du Pacte de Varsovie, mais elles étaient exclusivement composées avec les troupes de la Russie et pour enlever Dubcek de son pouvoir, et avec le général Svoboda, ils ont pris l'exil. Et donc cette comparaison montre que depuis que le monde a été divisé, après la deuxième guerre mondiale, chaque super puissance gère sa zone d'influence comme elle veut.


Vous parlez du rôle occulte des Nations Unies, de la France, de la CEDEAO, l'UE, l'UEMOA et l'UA qui ont tous opté pour la guerre au lieu d’un recomptage des PV comme Gbagbo l'avait envisagé. Quelles étaient les raisons/les arguments donnés de la part de la Communauté Internationale pour ne pas accepter le recomptage ?


Mais, le Président Laurent Gbagbo, un Homme de paix, a demandé le recomptage des voix. Parce qu'au moment, où le conflit en Côte d'Ivoire s'est déroulé, le conflit politique d'interprétation des résultats du deuxième tour, en Haïti, il y avait eu le même problème et l'ONU à travers l'organisation des états américains avait accepté le recomptage des voix. Mais les critères pour que, et çà on ne le dit pas assez, les critères pour qu'un bulletin de dépouillement soit pris en compte après le vote, quand on a vu les critères qui ont été adressé en Haïti, on savait très bien que s'il y avait un recomptage des voix, ce serait Laurent Gbagbo qui allait remporter encore, et allait être proclamé vainqueur. Parce que l'ensemble des procès-verbaux des dépouillements dans la zone nord, qui est détenu par les mouvements rebelles, on a vu que les représentants du candidat Laurent Gbagbo, au premier tour étaient les mêmes au second tour avec des signatures différentes. Tout simplement parce qu’au second tour, après 10 heures de la matinée, les candidats de Laurent Gbagbo ont été chassés des bureaux de vote de la région du nord. Donc, d'autres personnes sont venues signer à leur place. Donc une comparaison simplement de la signature officielle du représentant sur un procès-verbal, signature qui, au premier tour, est la même que sur la pièce d'identité, et celle du deuxième tour qui est différente, va invalider le résultat du bureau de vote.


Donc, dès que le Président Gbagbo a demandé le recomptage des voix, le même jour, monsieur Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, déclare que « le recomptage des voix serait une injustice faite à Monsieur Alassane Ouattara ». Et personne n'indique qu'elle est l'injustice que pourrait causée un simple recomptage des voix ? Quelle est l'injustice que pourrait causée un simple recomptage des voix ? L'ONU, au regard de l'accord de Ouagadougou, est ampliataire de chaque procès-verbal de dépouillement. Donc l'ONU sait très bien quels sont les procès- verbaux qu'on doit prendre en compte en cas de recomptage et quels sont les procès- verbaux qu'on ne doit pas prendre en compte. C'est pour çà que l'ONU, en disant que l'ONU est acteur du conflit ivoirien, on ne peut pas résoudre la question ivoirienne, surtout on ne peut pas rechercher la vérité, et mettre l'ONU et ses fonctionnaires de côté, pour montrer que c'est un conflit ivoiro-ivoirien. Non ce n'est pas un conflit ivoiro-ivoirien. Si on envoie Laurent Gbagbo dans ce pays, c'est qu'on veut la vérité. Alors si on veut la vérité, il faut trouver les acteurs. Voilà pourquoi, tout le monde a refusé le recomptage des voix parce que le recomptage des voix invalidait tous les bureaux de vote de la région du nord. Disons que le recomptage des voix allait avoir le même résultat que le résultat définitif proclamé par le Conseil Constitutionnel ivoirien qui, au regard des mêmes critères, a invalidé le vote dans certains bureaux de vote dans la zone nord. Un bulletin n'est valable que s'il répond à toutes les caractéristiques. On ne peut pas comptabiliser les voix si ce bulletin de vote comporte des irrégularités. Or les 3/4 des bureaux de vote de la zone nord avaient des irrégularités sur leurs bulletins. Et c'est ce que le Conseil Constitutionnel a revu pour invalider le vote dans ces localités.


Déjà en Décembre 2010 on parle de charniers fait par des FDS, des ONG en ont parlé, lesquels en particulier ? Vous avez eu une réunion le 25 Décembre, avec le Ministre de l'Intérieur Émile Guiriéoulou, et le Président Gbagbo, où vous avez confirmé au Président qu’il n’y avait pas dans le pays d’opérations policières et militaires contre les partisans d’Alassane Ouattara, vous le confirmez aujourd’hui encore ?


D'abord, il faut indiquer que le Président Laurent Gbagbo n'avait pas une armée. Le Président Laurent Gbagbo, au regard de la Constitution, est le chef suprême des armées. Cela veut dire que l'armée ivoirienne n'est pas une armée autonome, mais elle doit obéissance au pouvoir civil établi. Et la hiérarchie militaire, après la proclamation des résultats définitifs, avait fait allégeance au Président de la République, et non pas à Laurent Gbagbo. Donc les troupes qu'on appelle les forces pro Gbagbo, en réalité, ce sont des forces de défense de la sécurité ivoirienne. Des troupes républicaines qui obéissent au pouvoir civil établi. Et c'est le Conseil Constitutionnel en Côte d'Ivoire qui est la seule institution qui confère la qualité d'élu à un candidat aux élections présidentielles. Des ONG avaient accusé le Président Laurent Gbagbo de charniers dès 2010, mais plus grave, c’est l'ONUCI, l'Organisation des Nations Unies en Côte d'Ivoire, qui a mis sur son site internet qu'il y avait des charniers en Côte d'Ivoire dans une zone, et que le gouvernement leur empêchait d'avoir accès à cette zone.


Le cas du diplomate Lars Rise norvégien (Émile Guiriéoulou lui a procuré le laissez-passer) qui a démenti la nouvelle propagée sur les charniers et le non accès de la part de l’autorité ivoirienne en Janvier 2011, mais l'ONUCI a attendu jusqu’ au 17 Mars 2011 pour le démentir officiellement sur son site.


Un ancien député norvégien, Lars Rise qui a été député au parlement européen, a été choqué qu'au XXIème siècle il y ait des charniers sur une partie d'un territoire et qu'un État refuse à l'ONU d'y avoir accès. Il payé son avion, et il est venu en Côte d'Ivoire. Il a demandé à ce que l'autorité ivoirienne notamment le Ministre de l'Intérieur du Président Laurent Gbagbo l'autorise à aller visiter les sites qui ont été indiqués par l'ONUCI. Il a été autorisé, encadré, et il est allé à l'ONUCI, pour prendre les agents de l'ONUCI, pour dire, « allez, à votre tour ! je viens d'obtenir l'autorisation pour visiter les sites ». Et l'ONUCI lui dit « non, il n'y a pas de sites, on nous a demandé de mettre çà sur internet qu'il y a des charniers ». « Mais comment ça ? » Ce député norvégien, Lars Rise, a tellement été outré qu'il a fait une conférence de presse pour dénoncer cette cabale. Comment peut-on accuser le gouvernement de Laurent Gbagbo de constituer des charniers ? Et qui accuse le Président Laurent Gbagbo ? C'est l'ONU. Et l'ONU, elle, dit que non, qu'il n'y a rien, mais que nous avons mis çà sur le site. Exactement comme les avions biélorusses.

Le 27 Février 2011 la fausse nouvelle que Gbagbo n’avait pas respecté l’embargo est donnée par les Nations Unies, le 3 Mars, Alain Le Roy s’excuse auprès de la Biélorusse mais pas auprès de Gbagbo, en disant que la nouvelle est fausse.

Une autre accusation très grave c'est l'accusation qui disait que c'était les FDS qui avaient rompu le cessez –feu. Cette accusation est reprise dans des rapports des NU et à la CPI, par contre vous, comme Ministre de la Défense, connaissiez les détails de la bataille d'Abidjan et ce qui s'est passé au niveau national.


On a accusé le Président Laurent Gbagbo d'avoir obtenu par la Biélorussie une livraison d'armes et de munitions. Et ça, c'est encore l'ONU. Lorsque la Côte d'Ivoire a protesté, que l'ONU a fait son enquête, il n'en était rien. L'ONU a préféré présenter des excuses à la Biélorussie, et non à la Côte d'Ivoire sur qui, elle, avait menti et qui, elle, avait protesté. Qui a produit ce rapport à l'ONU pour indiquer le Président Laurent Gbagbo et son gouvernement avaient reçu des armes ? Est-ce un vrai rapport ou un rapport commandité ? Si c'est un faux rapport l'auteur du rapport a-t-il été sanctionné ? Comment l'ONU fait une déclaration officielle sur la base d'un faux ? Quelle est la procédure que le faux a empruntée ? Et tous ceux qui sont au milieu de la procédure, ont-ils été entendus par une enquête administrative de l'ONU qui a abouti à une déclaration fausse. Donc, sur la question des charniers le Président Laurent Gbagbo, encore moins son armée, n'avait les moyens de pourchasser les partisans d'un candidat dans les rues. D'abord, comment reconnaît-on les partisans de Ouattara dans les rues ? Par quel phénotype reconnaît-on les partisans d'un candidat pour que les armes puissent être téléguidées, dans la rue, vers eux ? Non, nous étions en situation de défense, nous étions constamment attaqués, et notre problème c'était de contenir l'attaque pour donner une chance à la paix. Et ça été vraiment la seule stratégie, c'est pour ça que j'indique l’état de nécessité, c'est à dire, on ne pouvait pas faire autre chose que de contenir, de retarder pour que la discussion politique puisse aboutir. Donc, tous ceux qui ont accusé le Président Laurent Gbagbo, et l'armée ivoirienne, d'avoir fomenté des charniers, l'ONUCI notamment, n'ont pas pu prouver les éléments de leurs accusations. Laurent Gbagbo et l'armée n'ont jamais constitué des charniers.

(Pris de votre article dans le livre Laurent Gbagbo à la CPI, Imposture ou Justice ?) Pour la marche du 16 décembre à la RTI qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la sécurité de ce jour et sur les dispositions prises par le gouvernement Gbagbo ? On a des preuves à décharge de la vidéo ou les rebelles des FN (Soro, Issiaka Ouattara et Morou Ouattara) parlent d'un assaut avec des armes et aussi une conversation qui a été enregistrée par erreur en micro par direct Abidjan le 10 mars 2011 entre Jeannot Ahoussou Kouadio et Charles Biby Koffi, une conversation qui est accablante pour les partisans de Ouattara. Est-ce que cet enregistrement a été inclus dans les documents à décharge à la CPI ?


Le 16 décembre 2010, les partis membres du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, le RHDP, ont appelé à l'installation d'un directeur général de la RTI qui avait été nommé par eux à partir de l'hôtel du Golf. Pour le gouvernement du Président Laurent Gbagbo, c'était une manifestation civile, disons que les militants du RHDP avaient été invités à soutenir l'installation du nouveau directeur général. Le gouvernement du Président de Laurent Gbagbo n'a pas pris de dispositions particulières, autres que le maintien de l'ordre habituel. Seul, le ministre de l'Intérieur a été saisi, par la hiérarchie habituelle, pour déployer dans les quartiers d'Abidjan et autour de la RTI, un dispositif de sécurité pour canaliser les manifestants.


Nous avons été surpris au cours de la journée, que la plupart des manifestants étaient armés de gourdins, étaient armée d'armes à feu, et même quelques fois d'obus, à l'intérieur des manifestations, et s'en sont pris gravement aux populations, disons aux policiers qui encadraient la manifestation. Tous ceux qui sont morts ce jour-là, il y a eu des civiles qui ont été blessés, mais il y a eu surtout des policiers qui ont été tués. Il n'y a eu aucun gendarme, il n'y a eu aucun militaire, c'est une des preuves que la manifestation est une manifestation qui relevait de la compétence du Ministre de l'Intérieur. Il n'y avait pas, contrairement à ce qu'on avance, un déploiement des forces de défense. Non, il y avait un déploiement des forces de sécurité, et ceux qui ont été tués par des manifestants armés, étaient des policiers.

Donc le Président Laurent Gbagbo, et son armée, enfin le président Laurent Gbagbo a demandé au Ministre de l'Intérieur de contenir les manifestants et de les ramener dans leur zone. Donc voilà un peu ce qui s'est passé.

Le cas d’Abobo


La gestion de la situation sécuritaire de Laurent Gbagbo a été très complexe dans la crise post-électorale, pour la simple raison que, très tôt, les forces de sécurité, et j'insiste encore sur le mot, les forces de sécurité c'est à dire les forces de police ont été confrontées à une situation exceptionnelle à savoir une guérilla urbaine. Une situation de guérilla urbaine a été constatée à Abobo, dès fin décembre 2010. Des maisons habitées par les policiers sont incendiées, les domiciles des policiers sont incendiés, les personnes qui ont voté pour le Président Laurent Gbagbo, ou qui leur sont proches sont tuées, et nous avons assisté, en décembre et en janvier, à un mouvement massif des populations, des partisans du Président Laurent Gbagbo, d’Abobo vers les autres quartiers périphériques qui étaient plus sécurisés parce qu’il y avait une véritable guérilla urbaine à Abobo. Et les forces de sécurité ont été constamment agressées et la plupart, les 7 postes de sécurité que nous avions à Abobo, ont été agressés. Et finalement la police et la gendarmerie ont dû concentrer l'ensemble de leurs efforts dans un seul camp, sur les 7, pour, ne serait-ce que rester pour assurer une sécurité relative aux populations résiduelles.


Et c'est comme ça qu'au fur et à mesure, nous n'avions pas des éléments pour apporter une riposte à cette guerre asymétrique. Parce que dans la guérilla urbaine, vous ne voyez pas l'ennemi, il est partout et nulle part, il n'est pas en treillis forcément, il est en civil et confondu aux populations. Donc l'armée ivoirienne, sous embargo depuis 8 ans, n'avait pas les moyens pour pouvoir apporter une réponse à cette guerre asymétrique et à cette guérilla urbaine. Et c'est ce qui a fait qu’elle a fini, l'armée ivoirienne, la police et la gendarmerie, on a fini par céder la commune d'Abobo aux rebelles parce que nous ne voyions pas les ennemis mais ils nous faisaient tous les jours des victimes, et beaucoup de gendarmes, beaucoup de militaires, beaucoup de policiers, sont morts à Abobo, sont morts à Abobo, avec des armes redoutables que nous n'avons même pas dans notre armée régulière. C'est pour montrer la force de frappe qu'il y avait, parmi les agresseurs à Abobo, qui était véritablement entraînée à s'en prendre aux populations urbaines, civiles et aux policiers. Voilà un peu ce qui s'est passé à Abobo. Et c'est d'ailleurs pour ça, qu’on parle d'une marche du 3 mars, qui était encadrée par eux. Nous n'avons jamais enregistré une demande de manifestation à Abobo en mars, C'est ceux qui avaient à Abobo, à cette époque-là, qui ont encadré cette manifestation. Et le bilan de cette manifestation-là, c'est eux qui assument seuls le bilan.


Pour la marche des femmes le 7 Mars 2011. La route passant par la route d'Anador avait été obstruée par l'ONUCI avec des conteneurs une semaine avant la prétendue attaque de femmes. En plus, les FDS ne pouvaient pas faire des opérations dans cette région, où ils ne se trouvaient plus depuis la fin de février. Tous étaient dans un seul service de sécurité, le camp commando de la gendarmerie, sur les 7 que comptait Abobo. Aucune presse, ni nationale, ni internationale, n’était présente sur les lieux le jour de la manifestation, la manifestation n'a pas été annoncée à l’autorité gouvernementale qui aurait pu prendre des dispositions pour encadrer la manifestation. Vous avez interpellé selon nos infos, le directeur général de la police nationale à l'époque qui vous avait indiqué que les 3 chars dont il disposait n’étaient pas sur la route de l'incident ce jour-là. Que s’est–il réellement passé le 7 mars 2011 à Abobo, quand on sait que cette prétendue tuerie de femmes par les FDS a occasionné la résolution de l’ONU, qui a mis la France et l’ONUCI en guerre, contre la Côte d’Ivoire.



L’attaque des marchés d’Abobo. Les forces gouvernementales ne se trouvaient qu’au camp commando d’Abobo assez éloigné de là où se trouvent les marchés, alors pourquoi les accuse-t-on d’avoir tiré sur des marchés à Abobo ?


Il y a une chose qui m'a intrigué dans toutes les accusations qui ont été portées contre les forces de défense et de sécurité, c'est la marche des femmes d'Abobo qui a été réprimée ou qui aurait été réprimée à l’arme lourde. Le président Laurent Gbagbo, dont le gouvernement avait programmé une manifestation le 8 mars pour célébrer la Femme, le 8 mars, journée internationale de la Femme, pour célébrer la Femme à Yopougon Ficgayo, le quartier populaire, où il a obtenu près de 80% des voix. Quel intérêt avait-il, 4 jours avant, à faire tirer sur des manifestantes aux mains nues ? A qui profite le crime ? A qui profite le crime ?


Deuxième élément qui m'a intrigué ensuite, c'est l'accusation de l'attaque des marchés, mais un marché, en Afrique n'est pas mono colore, il s'agit d'un site où on trouve des populations qui se brassent pour acheter et pour vendre. Accuser une armée de tirer et de tuer sur un marché, qu'elle est la cible projetée ? Qu'elle est la cible projetée ? Les armes ou les munitions font-elles la différence entre un militant de Gbagbo ou un militant de Ouattara, sur un marché ? A qui profite le crime ? Ce qui est sûr c'est que dès le lendemain de l'accusation, l'ONU a pris des résolutions pour interdire l'usage des armes dans le district d'Abidjan. Et le lendemain, la Force de Défense et de Sécurité était attaquée sur toute la ligne de front. L'ONU a détruit toutes les armes lourdes des Forces de défenses et Sécurité, et les rebelles et leurs alliés sont entrés à Abidjan comme du beurre. A qui profite le crime ?

Voilà mes interrogations.

L'ONUCI a aidé les rebelles pro Ouattara en livrant des armes, aide logistique, dans le bombardement du palais présidentiel etc. Pouvez-vous nous parler en détails de ces supports du point de vue logistique et d'armements.


Il n'y a pas eu de guerre ouverte en Côte d'Ivoire. Il y a eu l'agression de l’État de Côte d'Ivoire par une bande armée de rebelles, appuyée par les forces de l'ONU et par La France, et avec l'appui aérien de l'ONU, et de la France et les moyens logistiques du Nigéria. Les Forces de Défenses Ivoiriennes sont restées constamment sur leurs positions de défense. Et quand elles ne pouvaient plus tenir une position, elles repliaient. De la zone de confiance, elles ont replié jusqu'à Abidjan. Elles ont tenté de contenir l'attaque des rebelles, et de leurs alliés, à Abidjan, le temps de donner une chance à la paix.


Comme elles ne pouvaient plus tenir les positions, elles ont replié jusqu'au périmètre présidentiel. Et quand l'ONU a détruit, avec la France, tous les équipements militaires des Forces de Défense et Sécurité rassemblés autour du palais présidentiel, l'ONU a encore encadré les rebelles pour venir prendre le Président Gbagbo. Donc, on ne peut pas dire que quelqu'un a ordonné, les forces de défense et sécurité ont été constamment en situation de défense de leur position. Elles étaient sous embargo, d'armes et de munitions, depuis 8 ans. Et vous ne pouvez pas demander à une équipe de football d'aller jouer un match international avec des paires des crêpes (des paires de tennis) sans crampons. Est-ce que vous comprenez ?


Voilà, l'adversaire est chaussé, vous n'êtes pas chaussés et vous vous battez ? Non, les forces de défense et de sécurité sont restées en situation de défense durant toute la durée du conflit.


C'est ça, la vérité. Donc on ne pouvait même pas contenir nos positions, pourquoi on nous accuse d'avoir organisé une attaque, pour aller où ? Parce que quand vous faîtes une attaque pour aller, il faut maintenir la position avec les équipements, que vous n'avez pas, et progresser. Et, c'est parce que les autres ont reçu des équipements, qu'ils ont quitté leurs positions, qu'ils avaient depuis 2003, et qu'ils sont venus jusqu'à Abidjan. Et quand ils prenaient possession des villes, ils laissaient du matériel et des hommes, et ils progressaient. Nous, on ne peut pas nous accuser d'avoir attaqué, c'est pour ça que dans le conflit ivoirien, si on veut la vérité, on l'aura. Mais la vérité, ce n'est pas une partie de la vérité. Voilà.

Vous étais le Ministre de la défense du dernier gouvernement Gbagbo, vous êtes accusé dans le DCC du Procureur de la CPI d’être l'un des proches du Président, qui a rendu faisable « la politique d’extermination des pro Ouattara. ».


Le président Laurent Gbagbo n'a jamais préparé une guerre. Le président Laurent Gbagbo n'a jamais cherché à faire une différence entre les ivoiriens. Le Président Laurent Gbagbo ne peut pas demander de pourchasser les partisans de Ouattara, dans les rues. On les reconnaît comment ? C'est une question. La mise en œuvre de ce qu'on dit que les Forces de Défense et de Sécurité ivoiriennes recherchaient les partisans de Monsieur Ouattara dans les rues. Quel est l'élément qui permet de les reconnaître ? C'est un élément important.


Maintenant, vous avez le Président Laurent Gbagbo qui n'a pas conçu de guerre, pour la simple raison que, on dit qu'il a nommé des proches, et c’est avec des proches qu’il aurait conçu un plan. Mais, s'il a conçu un plan avec des proches, quels sont ces proches ? Si ce plan est conçu avec des gens, pourquoi au moment de sa mise en œuvre, ces proches-là ne sont plus là, s'il faut réaliser le plan ? Le Ministre de la Défense depuis 3 ans, depuis 2007, appelé Amani N'Guessan Michel. Le Ministre de l'Intérieur qui s'appelait Désiré Asségnini Tagro. Le Président de la République est élu, il forme un gouvernement et les proches avec qui il aurait conçu, le supposé plan, sont remplacés. Moi, j'étais un conseiller spécial du Président Laurent Gbagbo chargé des affaires politiques et électorales, je me retrouve ministre de la défense. Si le Président avait conçu un plan avec mon prédécesseur, il devait le garder pour la réalisation de ce plan. Mais il prend un conseillé électoral, il le nomme Ministre de la Défense. Il prend son Ministre de la Fonction Publique, Émile Guiriéoulou, il le nomme Ministre de l'Intérieur.


L'accusation de fomenter un plan depuis longtemps ne résiste pas à l'analyse des faits. Puisque les hommes supposés avoir conçu le plan avec lui sont écartés au profit de gens qui n'en ont jamais entendu parler. Si bien que, aucune instruction allant dans la sens de la recherche des partisans de Monsieur Ouattara n'a été donné à qui que ce soit, à aucune armée. C'est ça qui est la vérité. Et c'est pour ça que nous disons que le Président Laurent Gbagbo va sortir de la CPI, parce qu'il n'a absolument rien fait, en dehors du fait qu'il était le chef de l’État, chef suprême des armées, le chef des Institutions et le chef de l'administration. C'est tout. Mais là encore, il avait le pouvoir, relativement à la Constitution Ivoirienne ; puisqu'il a été proclamé vainqueur du deuxième tour de l'élection présidentielle par le Conseil Constitutionnel Ivoirien réuni en séance publique et plénière, conformément à la Constitution. Il avait la plénitude du pouvoir, et il a tout fait pour que ce pays ne connaisse pas la guerre. C'est pour ça qu'il a signé l'accord de Ouagadougou, il a signé l'accord de Prétoria qui donne une CEI, majoritaire à l'opposition, il a signé l'accord de Marcoussis et les rebelles n'ont jamais désarmé jusqu'à ce qu'ils orientent l'expression des suffrages des électeurs avec des armes et pourchassent les représentants de Laurent Gbagbo dans les bureaux de vote et permettent à Monsieur Ouattara d'obtenir des scores soviétiques dans la zone nord. Voici ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire.

Autre fausse information, les attaques des FDS à l'Hôtel du Golf (démentie par Leslie Varenne) et à l’ambassade de France et Japon le 9 Avril, pour justifier l'offensive du 11 Avril, pouvez-vous nous dire si vraiment il y a eu attaque des FDS au Golf Hôtel ?


Le Président Laurent Gbagbo, durant la durée du conflit, veillait personnellement à ce que l'Hôtel du Golf, qui regroupait l'ensemble des leaders politiques de l'opposition et les militaires de la rébellion, il a veillé à ce que l'Hôtel du Golf, soit constamment alimenté en eau, en électricité, en gaz, en téléphone. Jamais il n'a demandé que la ligne téléphonique de l'Hôtel du Golf soit coupée.


La connexion internet, tout le dispositif de l'Hôtel du Golf est resté en place, parce que pour le président Laurent Gbagbo, il y avait des ivoiriens à l'intérieur de cet hôtel avec qui il avait des divergences d'interprétation des résultats d'une opération civile, qu'on appelle élection.

Donc on ne peut pas accuser les Forces de Défenses et de Sécurité d'avoir attaqué l'Hôtel si elles alimentaient en gaz, en eau, en téléphone, en électricité. On aurait pu au moins couper le téléphone pour les empêcher de communiquer. Mais non au contraire, ils ont été alimentés en tout. Et même le personnel de l'Hôtel du Golf était régulièrement remplacé en situation normale, ils allaient à la maison, d'autres revenaient. Pour nous, c'était une activité civile. Voilà, donc, on ne pas nous accuser, et c'est pour ça que l'insinuation de dire que les FDS ont tiré sur l'Hôtel du Golf ne résiste pas à l'analyse, l'analyse balistique va montrer plus tard pour, si ils ont tiré, pour voir si ces armes qu'ils ont trouvées dans les alentours de l'Hôtel du Golf émanaient vraiment des FDS. Est-ce que ces armes-là, elles sont dans le dispositif des FDS ?


Je note que l'Hôtel du Golf était surveillé par le bataillon de réserve de la FINUL, la Force des Nations Unies du Libéria. Chaque force des Nations Unies a un bataillon de réserve. Et l'ONUCI, au début du conflit, a demandé et obtenu des Nations Unies que le bataillon de réserve de la FINUL, la Force des Nations Unies au Libéria vienne sécuriser l'Hôtel du Golf. Donc, vous aviez au moins 300 à 400 soldats onusiens qui encadraient et sécurisaient le périmètre du Golf Hôtel. Les militaires ivoiriens ont fait les grandes écoles, ils sont formés au droit humanitaire, ils savent ce que c'est que l'ONU. C'est pour ça que nous sommes surpris que l'ONU ait organisé l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Donc on ne peut pas accuser les Forces de Défense et de Sécurité ivoirienne d'avoir fomenté une quelconque attaque, là où les populations civiles ivoiriennes vivaient et sont sécurisées par l'Organisation des Nations Unies. Voilà ce que je voulais dire.

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