© Nicoletta Fagiolo
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Des accords de paix d’Arusha au tribunal d’Arusha, Museler l’histoire 23 ans plus tard

December 21, 2017

 

                                                                                                                        

En octobre 2017, le Rwanda a rappelé son ambassadeur à Paris lorsque le juge français chargé d’enquêter[i] sur l’abattage d’un avion qui a causé la mort des présidents rwandais et burundais Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira le 6 avril 1994, a convoqué le ministre rwandais de la Défense, le général James Kabarebe, pour recueillir son témoignage à Paris. L’enquête avait été ouverte pour la première fois en 1997 à la demande des veuves des copilotes français également décédés cette nuit-là.

 

À ce jour, 23 ans après l’incident de 1994 qui a déclenché les massacres de près de 1 million de personnes, il existe encore deux versions totalement opposées des événements qui ont mené à l’un des pires massacres du monde depuis la Seconde Guerre mondiale. Les deux versions sont inconciliables.

 

La version [ii] largement acceptée qui a retenu l’attention pendant plus de 20 ans définit les événements comme un génocide contre la minorité tutsi du Rwanda, perpétué par des extrémistes hutus proches du gouvernement Habyarimana. Pour ce camp, les extrémistes hutus étaient responsables de l’assassinat de Habyarimana qui faisait partie d’une tentative de coup d’État visant à amener au pouvoir des politiciens partisans de la ligne dure, sabotant ainsi le processus de paix d’Arusha et la transition démocratique en cours. Un génocide visant la minorité tutsi, planifié plusieurs années à l’avance par des extrémistes hutus, a été stoppé par la branche armée du Front patriotique rwandais (FPR) dirigé par Kagame et à prédominance tutsi – parti actuellement au pouvoir – lorsqu’elle a déclaré la victoire militaire sur les forces gouvernementales en juillet 1994.

 

L’autre camp[iii] parle par contre d’une invasion internationale qui a commencé en 1990 et qui était un changement de régime rwandais soutenu par le Royaume-Uni et les États-Unis, qui a provoqué des massacres à grande échelle avec la guerre qui s’ensuivit. L’abattage de l’avion avait été manigancé par les rebelles du FPR qui savaient d’avance que cela entraînerait le chaos, tout comme l’assassinat en 1993 du président burundais Melchior Ndadaye, qui avait provoqué le passage de 500 000 réfugiés hutus au Rwanda. L’assassinat de Habyarimana n’est qu’un incident dans une guerre de 44 mois qui a commencé avec l’invasion étrangère du Rwanda en Octobre 1990, menée par des tutsis rwandais et ougandais de l’armée nationale ougandaise (la force de défense du peuple ougandais) qui, en 1987, s’était reconfigurée en tant que Front patriotique rwandais. Ainsi, une guerre internationale – et non une guerre civile ou un génocide – constitue selon ces analystes les caractéristiques déterminantes des événements.

 

Dans Enduring Lies,The Rwandan genocide in the Propaganda System, Edward S. Herman, Professeur émérite de finance à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie, par ailleurs spécialiste des médias, et le journaliste David Peterson nous rappellent que, contrairement à l’invasion du Koweït par l’Irak à peine deux mois auparavant, contrée par le Conseil de sécurité des Nations Unies qui avait exigé le même jour que l’Irak retire immédiatement ses forces, le CSNU n’a autorisé aucune mission d’observation au Rwanda jusqu’en juin 1993, date à laquelle les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) avaient occupé une grande partie du nord du Rwanda et avaient déplacé jusqu’à un million d’agriculteurs hutus.

 

Comment les deux versions coexistent-elles ? Les deux parties sont-elles ouvertes au débat ?

 

Dans un livre sur le Rwanda d’aujourd’hui, Filip Reyntjens, spécialiste de renommée mondiale de la région des Grands Lacs, choisit d’ignorer le débat autour des deux récits contradictoires, mais quand il passe à l’après 1994, Reyntjens parle aussi de deux « perspectives opposées » : une qui salue les réalisations principalement économiques du Rwanda depuis 1994, représentée par « Bono, le pasteur Rick Warren, Bill Clinton, Tony Blair, certains membres des « Amis du Rwanda » et la plupart des organisations non gouvernementales », et l’autre « constituée de la majorité des universitaires » qui soulignent plutôt le régime de plus en plus autocratique du pays et ses graves violations des droits de l’homme.[iv]

 

Pourtant, en ce qui concerne l’histoire rwandaise d’avant 1995, Filip Reyntjens souscrit à la version historique largement acceptée du génocide. Sur quels faits se fonde le « point de vue généralement accepté » ? D’après ce récit dominant, l’épouse d’Habyarimana, Agathe, était à la tête d’un réseau obscur d’individus proches du défunt président, connu sous le nom d’Akazu, qui avait planifié le génocide longtemps à l’avance. Elle et d’autres extrémistes, insatisfaits des résultats obtenus par le biais des accords de paix, ont fait abattre l’avion de son mari alors qu’il revenait des accords d’Arusha.

 

Cependant, le Front patriotique rwandais (FPR) dominé par les tutsis risquait le plus de perdre son influence à travers l’application du calendrier électoral fixé par les accords de paix d’Arusha, étant donné que le FPR était une petite minorité sans un véritable électorat dans le pays. En outre, le problème des réfugiés, souvent cité par le FPR comme raison de prendre les armes, était en train de trouver une résolution pacifique grâce à un accord tripartite entre le HCR, l’Ouganda et le Rwanda.

 

Edward S. Herman et David Peterson dans Enduring Lies, The Rwandan genocide in the Propaganda System, tout en reconnaissant les nombreuses contributions académiques de Reyntjens à l’histoire de la région des Grands Lacs, lui reprochent, ainsi qu’à d’autres universitaires, de « ne pas remettre en question et s’affranchir du déluge de propagande initial sur le génocide ».[v] Ils soutiennent de manière convaincante que, confronté aux enquêtes approfondies, aux documents récemment déclassifiés, aux 20 ans de jugements du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), ainsi qu’à une succession de défections de hauts fonctionnaires du FPR qui ont fini par parler, le récit du « génocide-comme-complot » ne peut plus être maintenu.

 

« Nombre d’officiers du FPR et d’anciens politiciens ont quitté le Rwanda et se sont exprimés non seulement contre les manquements du régime au niveau local, mais essentiellement contre le rôle du FPR non pas en tant que sauveur mais en tant qu’instigateur et assassin, avec une part de responsabilité claire dans les massacres de 1994 », écrit l’avocate principale de George Rutaganda au Tribunal pénal international pour le Rwanda, Tiphaine Dickson.[vi]

 

Un débat non discutable

 

L’omission a contribué à maintenir le débat clos. Il est donc surprenant de voir que Reyntjens, 2017 Que sais-je ? ouvrage de référence publié par les Presses Universitaires de France qui vise à fournir aux étudiants une introduction accessible à un domaine d’étude écrit par un spécialiste, omet dans la bibliographie toute référence à ceux qui ont un point de vue opposé au sien, occultant ainsi davantage un débat académique qui s’impose.

 

Dans le Que sais-je ? Reyntjens écrit dans une note en bas de la page 48 (sur un livre de 118 pages) : « Il convient de faire remarquer qu’aucune étude n’a été consacrée à l’évolution de la guerre, puisque l’attention des chercheurs a surtout porté sur le génocide ».[vii] C’est tout simplement faux. Par exemple, les chercheurs Christian Davenport et Allan C. Stam ont passé plus de 14 ans à analyser les mouvements quotidiens du front de guerre et à comparer ces données avec les données sur les massacres. Leurs travaux peuvent être consultés sur le site web Geodynamics [viii].

 

Allan C. Stam écrit que le FPR « a lancé son assaut final sur le gouvernement rwandais presque aussitôt après l’assassinat de Habyarimana, dans les 60 à 120 minutes qui ont suivi l’abattage de son jet, avec« 50 000 soldats [du FPR] en action sur deux fronts, de manière coordonnée », clairement « un plan qui n’a pas été improvisé ».[ix]

 

Barrie Collins dans Rwanda 1994: The Myth of the Akazu Genocide Conspiracy and its Consequences, ainsi que Charles Onana dans Europe, crimes et censure au Congo et La France dans la terreur rwandaise, entre autres, ont consacré de nombreuses pages au sujet des politiques de défense nationales dans le contexte géopolitique de la diplomatie internationale à l’époque.

 

Barrie Collins souligne la dynamique qui s’est développée après l’invasion de 1990 qui a généré des hostilités ethniques, créant ainsi les conditions qui ont rendu presque inévitables les massacres de civils, puisque le FPR était une organisation majoritairement tutsi faisant régner la terreur pour contraindre les populations rurales – 85 % de hutus– à fuir leurs terres et aller se réfugier dans des camps de déplacés internes. Au milieu de l’année 1993, plus d’un million de personnes s’étaient installées dans les camps en raison de l’invasion du FPR qui exacerbait la situation sécuritaire.

 

Au fil de la guerre rwandaise, les forces du gouvernement intérimaire rwandais ont demandé à plusieurs reprises en avril, mai et juin 1994 aux forces rebelles tutsi du FPR un cessez-le-feu pour permettre des mesures de protection des civils, à compter de la nuit du 6 avril, mais elles ont essuyé à chaque fois un refus. Alors que leurs demandes de cessez-le-feu au FPR étaient rejetées, les forces gouvernementales ont recouru à des appels au calme, condamné les tueries ethniques et souligné le besoin d’unité. Le refus catégorique par le FPR de toute intervention humanitaire armée, soutenue par les États-Unis et le Royaume-Uni à travers les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que les appels répétés du gouvernement intérimaire rwandais à ce qu’on envoie des troupes de l’ONU pour leur venir en aide, sont d’autres faits établis.

 

En septembre 2017, la journaliste du The Guardian Helen C. Epstein a écrit un article intitulé America’s secret role in the Rwandan genocide (Le rôle secret de l’Amérique dans le génocide rwandais) qui indique clairement l’implication des États-Unis : « En 1991, l’Ouganda a acheté 10 fois plus d’armes américaines que durant les 40 années précédentes ». Cependant, au fil des pages, Epstein exonère la politique de l’administration Clinton comme une politique « non-interventionniste » ; elle écrit : « Dans les années qui ont suivi, Bill Clinton a présenté à maintes reprises des excuses pour l’inaction des États-Unis pendant le génocide. « Si nous étions intervenus plus tôt, je crois que nous aurions pu sauver au moins un tiers des vies perdues », a-t-il déclaré à la journaliste Tania Bryer en 2013 ».[x] Sur ce point précis, Edward Herman et David Peterson écrivent : « Mais ceci est doublement faux. Ce que les États-Unis et leurs alliés occidentaux (la Grande-Bretagne, le Canada et la Belgique) ont vraiment fait, c’est financer Kagame- qui a été formé aux États-Unis- soutenir son invasion du Rwanda depuis l’Ouganda ainsi que le nettoyage ethnique massif avant avril 1994, affaiblir l’État rwandais en forçant une récession et l’infiltration du FPR dans le gouvernement et dans tout le pays, et ensuite, faire pression en faveur du retrait total des troupes de l’ONU parce qu’ils ne voulaient pas que celles-ci fassent obstacle à la conquête du pays par Kagame, même si les autorités hutu du Rwanda appelaient à l’envoi de plus de troupes de l’ONU ».[xi]

 

L’acceptation du récit institutionnalisé exige également la suppression de détails importants : dans la nuit du 6 avril 1994, après l’assassinat de Habyarimana, le gouvernement et l’armée rwandais étaient dans le désarroi, alors que les ministres se réfugiaient dans les ambassades étrangères pour assurer leur sécurité dans le vide politique qui s’en est suivi. La nuit de l’assassinat de son mari, Agathe Habyarimana, son fils Jean-Luc et deux cousins qui ont été témoins de l’accident d’avion depuis le jardin de la résidence présidentielle ont passé six heures à effectuer « la tache macabre de chercher des morceaux de corps au milieu des débris noircis ». Leur travail était d’autant plus dangereux qu’ils ont essuyé des tirs à l’arme automatique du FPR basé sur la colline de Ndera en face, dans la demi-heure qui a suivi la destruction de l’avion.[xii].

 

Edward Herman et David Paterson dans Enduring lies présentent des preuves que dès 1993 des documents sans fondement fournis par l’ONG Human Rights Watch ainsi que les Nations Unies ont établi le cadre d’interprétation dominant pour la plupart des rapports sur le Rwanda qui ont suivi. Ce modèle standard est ensuite « entré dans l’histoire établie et a été promulgué dans le domaine des études sur le génocide, dans les documentaires de l’histoire officielle du Tribunal pénal international pour le Rwanda, et a même été claironné par le Conseil de sécurité des Nations Unies en avril 2014 ».[xiii]

 

Le professeur de droit Luc Reydams écrit dans un article à paraître intitulé Politics or Pragmatism? The International Criminal Tribunal for Rwanda and the Burying of the Investigation into the Assassination of President Juvénal Habyarimana (HRQ mai 2018) : « Il est instructif de lire ou d’écouter des réactions en dehors du Rwanda immédiatement après l’attaque. L’ambassade des États-Unis à Dar-es-Salaam a commenté que « eux seuls [ceux du FPR] semblent avoir les armes qui peuvent réaliser cet acte ». Un correspondant d’une grande agence de presse internationale m’a décrit, sous couvert de l’anonymat, sa réaction le 7 avril : Ils ont encore frappé ! J’avais couvert la guerre au Rwanda depuis le début. En octobre 1990, j’ai vu de mes propres yeux comment un SAM 7 [missile surface-air] de l’armée ougandaise tiré par le FPR avait abattu un avion du gouvernement. Après avoir appris la nouvelle [le 7 avril 1994], j’ai pris le premier vol pour Kampala et je suis allé au quartier général du FPR à Mulindi. De là, j’ai marché avec le FPR et des porteurs hutus enrôlés de force jusqu’au Parlement à Kigali [où un bataillon du FPR était stationné]. Pendant notre marche, j’ai demandé aux villageois quand est-ce qu’ils avaient vu le premier militaire [FPR]. Ils ont déclaré avoir observé des troupes de combat – et non des ravitailleurs – marchant vers Kigali dans les 24 heures qui ont précédé l’abattage de l’avion. Il ne fait pour moi aucun doute que le FPR a commis l’acte. La théorie qui accuse les extrémistes hutus m’a toujours paru aberrante ».[xiv]

 

Dans un article du Human Rights Quarterly de 2016, intitulé NGO Justice: African Rights as Pseudo-Prosecutor of the Rwandan Genocide, le professeur de droit Luc Reydams révèle comment, entre autres, les évènements ont été décrits de façon erronée au début de la guerre, puis repris par les médias. Reydams déroule l’histoire inédite de l’ONG African Rights, dont le livre Death Despair and Defiance a fait sensation lorsqu’il est sorti dès septembre 1994, quelques mois à peine après les événements. Reydams sonne plusieurs fois l’alerte sur la méthodologie d’African Rights : la journaliste Rakiya Omaar ainsi que le cofondateur d’African Rights, Alex de Waal[xv], ont reconnus immédiatement qu’ils n’étaient pas allés au Rwanda avant 1994 et qu’ils n’étaient guère des « spécialistes » ; Rakiya Omaar a été escortée par le personnel du FPR lorsqu’elle était sur le terrain pour recueillir des interviews ; African Rights est devenue par la suite une organisation de façade pour le FPR travaillant depuis Kigali.

 

Cette ONG londonienne peu connue, dirigée par deux personnes, est devenue « la plus importante source de publications sur le Rwanda… Quasiment inconnue avant avril 1994, cette organisation londonienne des droits de l’homme a publié environ quarante titres (± 4500 pages) sur le génocide et ses conséquences. Aucun établissement ou individu n’en a publié plus ». En consultant le rapport d’African Rights de mai 1994 (au beau milieu des massacres), on peut lire ceci : « Il est trop tard pour que l’ONU ait un impact positif majeur pour ce qui est de sauver des vies au Rwanda. [Au cas où l’ONU utiliserait] le chapitre VII de la Charte des Nations Unies pour envoyer des troupes afin d’appliquer un cessez-le-feu... les résultats seraient catastrophiques ». C’était la position des rebelles du FPR et une déclaration étrange venant d’une ONG. African Rights a aussi sévèrement critiqué le UNHCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, une organisation davantage orientée vers le terrain, pour avoir rédigé des rapports sur des violations des droits de l’homme commises par les rebelles du FPR qu’elle a qualifiées d’infondées. Le professeur Reydams a ensuite démontré l’impact qu’ont eu ces rapports dans les médias, les milieux universitaires ainsi qu’au TPIR : « African Rights a joué un rôle déterminant pour façonner et diffuser un récit partial et facile à consommer du conflit rwandais, et la pensée unique qui en a résulté a contribué à l’impunité du FPR »[xvi]

 

Le classique d’Alison Des Forges sur le Rwanda 1994, Leave None to Tell the Story, cite l’ouvrage d’African Rights Death Despair and Defiance 42 fois.

 

Nous renvoyant à des œuvres comme celles de Philip Goureveitch, We Wish To Inform You That Tomorrow We Will Be Killed with Our Families, d’Alison Des Forges, Leave None to Tell the Story et de Mahmood Mamdani, When Victims become Killers, Colonialism, Nativism, and the Genocide in Rwanda, le juriste Alexander Zahra qualifie leurs récits de « naïfs, tendancieux et manquant d’originalité, écrits dans un style critique ou didactique qui n’a rien à voir avec des entreprises scolastiques ». Zahra explique comment ils tendent à « réduire la défense nationale à une machination criminelle, le désaccord politique à une tension « tribale », et une guerre impliquant des forces régulières et irrégulières à un génocide ».[xvii]

 

Le tribunal d’Arusha a également agi dans un vide historique : « Dans le premier jugement du TPIR, la Chambre de première instance consacre 33 paragraphes à une « histoire du Rwanda » de la période précoloniale à 1994, s’appuyant uniquement sur le témoignage de feue Alison Des Forges. Un seul témoin a fourni des allégations et des interprétations qui ont érigé un contexte préjudiciable obstinément persistant, dans lequel des poursuites individuelles ont été menées par la suite. Certains d’entre nous ont essayé de trouver des moyens de rendre les débats sur l’histoire pertinents, donc admissibles. Ces efforts n’ont pas toujours été bien accueillis, conduisant à des accusations d’utilisation politique du droit (political lawyering) ou, pire encore, des accusations moralement débilitantes de « négation », écrit Tiphaine Dickson, Avocate principale de George Rutaganda au TPIR[xviii].

 

De fait, pas un seul membre du FPR n’a été jugé par le TPIR qui a admis d’office[xix] un génocide en 2006, alors qu’aucune preuve d’un plan de génocide prémédité n’a été trouvée : par exemple, il a été prouvé que le « fax à propos d’un génocide » était un canular, grâce au travail d’enquête mené par l’avocat de la défense du TPIR Christopher Black[xx], corroboré par un examen interne de l’ONU effectué par l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies au Rwanda Shaharyar Khan en novembre 1995.[xxi] Malgré ces faits, lors du 20e anniversaire du génocide rwandais, une copie du fax fabriqué a été téléchargée sur le site web du musée mémorial de l’Holocauste (Holocaust Memorial Museum) et des archives nationales de la sécurité (National Security Archive) à l’Université George Washington par Micheal Dobbs en 2014, pour un projet d’histoire qu’il dirigeait. Edward S. Herman et l’avocat Christopher Black parmi d’autres chercheurs rwandais se sont plaints – en vain.

 

Cette approche anhistorique au TPIR a eu, à ce jour, des conséquences cauchemardesques pour la justice pénale internationale à Arusha [xxii] et au-delà : une douzaine de hutus acquittés sont toujours à Arusha et près de 200 hutus continuent d’être persécutés dans le monde par des juridictions nationales (au Canada, en Allemagne, en France, en Belgique), car accusés de complicité dans le génocide rwandais de 1994. Ces procès ne sont pas surveillés et font rarement l’objet de rapports.[xxiii]

 

La veuve d’Habyarimana, Agathe, diabolisée dans la presse et dans les films, n’a jamais été inculpée, ni appelée à témoigner devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), ouvert à Arusha en novembre 1994. Le colonel Théoneste Bagosora était considéré comme le cerveau du génocide, et pourtant, son verdict plus que toute autre chose a discrédité le récit dominant. Bien que révélant que le cerveau présumé du génocide, le colonel Théoneste Bagosora et ses coaccusés, ont été acquittés des charges de complot et de tout rôle direct dans le génocide, le journaliste et auteur de Le Tribunal des vaincus : Un Nuremberg pour le Rwanda?​ Thierry Cruvellier, afin de sauver le modèle de conspiration hutu, parle d’un « génocide sans cerveau », un oxymore à tout le moins.[xxiv]

 

Hervé Deguine, ancien journaliste de Reporters sans frontières (RSF), affirme qu’il ne travaille plus avec l’historien français Jean Pierre Chrétien sur le Rwanda, car il pense avoir été tout simplement manipulé lors de l’écriture de Rwanda, les médias du génocide en 1995. Reporters sans frontières ne soutient plus officiellement le livre, qui traite de questions concernant les médias rwandais pendant la guerre de 1994.[xxv] Deguine a écrit un livre sur une enquête qu’il a menée pendant 15 ans sur la vie de Ferdinand Nahimana, accusé à tort par le TPIR, pour s’excuser du travail malavisé qu’il avait accompli.[xxvi]

 

La peur est un autre facteur qui contribue à faire taire le débat. En fait, ceux qui font des recherches sont marginalisés et menacés, ce qui entrave davantage l’analyse. Charles Onana a été accusé de diffamation par Paul Kagame ainsi que par l’État rwandais pour son livre publié en 2002, Les secrets du génocide rwandais : enquête sur les mystères d’un président, qui accuse le FPR d’avoir abattu l’avion présidentiel. Alors que le procès était sur le point de commencer, Kagame et l’État rwandais ont abandonné les poursuites. En 2005, le journaliste d’investigation français Pierre Péan a été poursuivi en justice par l’ONG SOS Racisme, pour diffamation et incitation au racisme et aussi négation du génocide pour son livre Noires fureurs, blancs menteurs: Rwanda 1990-1994, Péan a gagné le procès. La journaliste canadienne Judie Rever a supprimé son site Web en 2015 et a mis les médias au courant, avec trois de ses collègues, par crainte pour leur vie au Canada.[xxvii]

 

Un autre facteur contributif, à cause duquel il n’y a toujours pas aujourd’hui d’histoire faisant autorité sur le passé récent du Rwanda, est également dû à un mauvais débat.

 

Les chercheurs Christian Davenport et Allan C. Stam déclarent sur leur site internet que leur travail a également été ralenti puisque leurs efforts pour comprendre ce qui s’est passé au Rwanda en 1994 ne sont pas partagés par tous : « nous étions naïfs de croire que c’était l’intérêt de tous ceux que nous avions rencontrés tout comme de la plupart de ceux qui se sont livrés à un travail similaire. Cette supposition n’a pas été uniformément exacte, et il a fallu du temps pour surmonter les peines grandissantes entraînées par cette prise de conscience ».

 

Suite à la sortie du documentaire de la BBC diffusé en 2014, intitulé Rwanda, l’histoire jamais racontée (Rwanda’s untold story) [xxviii], qui raconte une histoire différente de la version officielle, le gouvernement rwandais a suspendu les programmes de la BBC et annoncé qu’il allait engager des poursuites contre les producteurs de la BBC pour « négation du génocide ».

 

Edward S. Herman écrit dans L’attaque malhonnête du Lobby du pouvoir Kagame contre le documentaire de la BBC sur le Rwanda (The Kagame-Power Lobby’s dishonest attack on BBC documentary on Rwanda) : « Bien que le documentaire adhère à certains mensonges clés de longue date concernant le traitement par le système de propagande anglo-américain du « Génocide rwandais », surtout l’affirmation qu’en 1994, les leaders de la majorité Hutu du pays ont ourdi un complot pour commettre un génocide contre sa minorité Tutsi, nous pensons néanmoins que la télédiffusion de Rwanda, l’histoire jamais racontée  était une première du genre dans l’interprétation de ce qui s’est réellement passé au Rwanda en 1994 ».[xxix]

 

Malgré l’article préjudiciable d’African Rights sur l’histoire passée sous silence, ainsi que le mea culpa d’Alex De Waal dans son article de 2016 Writing Human Rights and Getting It Wrong, il fait des commentaires sur le film de la BBC Rwanda’s Untold story – sans le moindre argument à l’appui : « ils tombent dans l’extrême, en inversant de façon grossière le récit accepté. Tout d’un coup, les Tutsis deviennent les auteurs des crimes et les Hutus les victimes. Le film de la BBC a suscité à juste titre l’indignation et devrait être retiré du site web du diffuseur, mais la vérité gênante est qu’il existe encore de nombreuses histoires inédites concernant le génocide et ses conséquences ». Herman et Peterson écrivent à propos de ceux qui véhiculent de la désinformation sur cette crise en cours : en réalité, ils s’opposent à la mauvaise répartition des responsabilités pour le génocide rwandais et sont apologétiques pour un deuxième génocide de plus grande ampleur en République démocratique du Congo ».[xxx]

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Le 12 octobre 2014, à peine une semaine après la diffusion du documentaire de la BBC 2 ‘This world’, une réponse sous forme de lettre ouverte signée par 38 « universitaires, scientifiques, chercheurs, journalistes et historiens » a été envoyée au Directeur général de la BBC Tony Hall, et accusait également les producteurs du film de négation du génocide.

 

Plus récemment, cinq historiens, un activiste des ONG et un journaliste ont écrit une lettre ouverte intitulée Rwanda : le « Que sais-je ? » qui fait basculer l’Histoire [xxxi] le 25 septembre 2017 dans le journal Le Monde, critiquant sévèrement le livre de Filip Reyntjens. Cependant, en transposant le débat par exemple sur la couverture insuffisante par Reyntjens du rôle de la France dans ces évènements – ces historiens dont aucun n’est spécialiste de la région [xxxii] contribuent à étouffer davantage le vrai débat d’opposition non abordé : Rwanda 1994 était-il un génocide ou une guerre d’agression ?

 

La tentative de la France d’établir un lieu sûr pour les réfugiés civils alors que 2 millions de hutus traversaient la frontière avec ce qui était alors le Zaïre ainsi que d’autres pays voisins avant juillet 1994, connue sous le nom d’Opération Turquoise, était également diabolisée comme participant au génocide. Dans son livre publié en 2010, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique [xxxiii] Pierre Péan met en exergue des preuves de la manière dont une ONG française, Survie (l’un des signataires de la lettre publiée dans Le Monde en 2017) était infiltrée par les services secrets anglais en 1990, pour élaborer le récit de l’implication de la France dans le génocide que les groupes de gauche ont suivi sans aucun esprit critique. Malgré les allégations répétées, la recherche dans les archives n’a pas permis jusqu’ici de corroborer une implication française dans les massacres.

 

À la lecture d’Africa Report de mai 1994, et sachant aujourd’hui que l’organisation était intégrée au FPR, un détail troublant se présente : African Rights écrit à l’époque que les missiles qui ont tué le Président rwandais Habyarimana étaient français. Il est surprenant qu’une ONG lance une telle affirmation dès le mois de mai 1994 ; en outre, aujourd’hui le procès en France a confirmé que les missiles étaient russes et avaient été achetés par l’Ouganda, ce qui a été corroboré par la Russie.

 

Une analyse historique portant sur son passé récent est aujourd’hui en train d’être étouffée par la terreur à l’intérieur comme à l’extérieur du Rwanda. Depuis 2003 [xxxiv], aux termes de la constitution rwandaise, « le révisionnisme, le négationnisme et la banalisation » constituent des infractions pénales pour lesquelles des milliers de personnes ont été et sont en train d’être arrêtées.

 

En 2010, l’opposante politique Victoire Ingabire a tenté de se présenter à la présidentielle contre Paul Kagame ; elle s’est retrouvée en prison et risque une peine de 15 ans. Elle a été reconnue coupable, entre autres, de contredire l’histoire officielle, juridiquement applicable, du génocide rwandais. La même année, l’opposante politique Diane Rwigara, comptable de profession, a également vu le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle du 7 août que Paul Kagamé a remportée avec plus de 98 % des voix, obtenant ainsi un troisième mandat qui prolonge ses 17 années passées au pouvoir.

 

Diane Rwigara, dont le père aurait été victime d’un assassinat ciblé dans ce que l’économiste David Himbara, dans son livre publié en 2017 Kagame’s Killing Fields, décrit comme le « capitalisme sans capitalistes » du Rwanda, a également vu sa mère et sa sœur arrêtées et maintenues en isolement sous les mêmes chefs d’accusation.

 

Dans Bad News, Last Journalists in a Dictatorship, le journaliste diplômé de Yale Anjan Sundaram livre un récit poignant du degré de terreur et de répression qui sévit au Rwanda aujourd’hui, à travers l’histoire de son expérience d’enseignement du journalisme.

 

La fin du livre donne une liste non exhaustive de 60 journalistes qui, de 1995 à 2014, ont subi des violations graves des droits humains : 2 ont été expulsés, 29 ont été forcés de fuir le pays, et les autres ont été intimidés, battus, emprisonnés.

 

Il est peut-être temps que les non-spécialistes se retirent et fassent un effort pour créer un espace ouvert et protégé, pour un débat qui peut commencer à répondre aux questions brûlantes et désespérées soulevées par la classe de journalistes rwandais contemporains de Sundaram : Comment peut-on lutter contre un État violent ? Y a-t-il une porte de sortie pour nous ? L’Amérique leur fournit des armes, et Israël forme leurs services secrets ».[xxxv]

 

 

Translated from English by Maymouna DIALLO KA

 

 

Notes 

 

 

 

[i]Parmi les autres passagers qui ont trouvé la mort figuraient le chef d’état-major des Forces de défense rwandaises, le général Deogratias Nsabimana, cinq autres politiciens de haut niveau, trois militaires français et le médecin personnel de Habyarimana. Depuis 1997, date à laquelle l’enquête française a été ouverte à la demande des veuves des trois membres d’équipage de l’avion français, cinq enquêtes supplémentaires ont été menées sur le crash, dont une par une équipe nommée par l’ONU et une par des juges français et espagnol indépendants. Ces trois hommes ont conclu que l’aile armée du Front patriotique rwandais (FPR), dominée par les tutsis, était probablement responsable. Deux enquêtes du gouvernement rwandais concluent à l’inverse que les responsables sont les élites hutues et les membres de l’armée de Habyarimana, ainsi que 33 officiels français, des soldats de l’opération Turquoise y compris le président François Mitterrand (rapport Mucyo). Filip Reyntjens a fait une critique du rapport Mucyo ici : http://editions-sources-du-nil.over-blog.com/article-f-reyntjens-analyse-du-rapport-mutsinzi-sur-l-attentat-du- 6 avril 1994-contre-l-avion-présidentiel-rwandais-1-43722284.html comme l’ont fait les prisonniers d’Arusha ici : http://www.mosaicodipace.it/mosaico/docs/3898.pdf. Le journaliste d’investigation Charles Onana a publié en 2014 une enquête approfondie sur l’assassinat de 1994, La France dans la terreur rwandaise, Paris éditions Duboiris, 2014. Vidéo sur le livre ici : https://www.youtube.com/watch?v=P0zlnrOOe8Y

 

 

[ii]Il s’agit entre autres d’Alison Des Forges, Human Rights Watch et Jean-Pierre Chrétien et Patrick de Saint-Exupéry, African Rights, Gérard Prunier, David Millwood, le « Livre bleu » des Nations Unies sur le Rwanda, Philip Gourevitch, Adelman et Suhrke, Linda Melvern, Shaharyan M. Khan, Mahmood Mamdani et Roméo Dallaire, Gerald Caplan, Colette Braeckman, Samuel Totten et Michael Barnett.

 

 

[iii] Il s’agit entre autres du chef de la Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda (MINUAR) Jacques-Roger Booh-Booh, officier supérieur du contingent belge de maintien de la paix et commandant de secteur de la capitale Kigali, de Luc Marchal, l’activiste et écrivain espagnol Juan Carreo, des journalistes d’investigation Pierrre Péan, Charles Onana, Patrick Mbeko, David Peterson, Robin Philpot, Judi Rever, Wayne Madson, Keith Harmon Snow, Christian Davenport et Allan C. Stam, du professeur et avocat Peter Erlinder, de l’analyste politique et avocat Christopher Black, du Professeur Bernard Lugan, et du Professeur Edward Herman.

 

 

[iv] Filip Reyntjens, Rwanda, Gouverner après le génocide, les belles lettres, 2014. p 9.

 

 

[v] Edward S. Herman and David Peterson, Enduring Lies, The Rwandan genocide in the propaganda system, 20 years later, the real news books, 2014. p9

 

[vi]Tiphaine Dickson cit. en préface, Barrie Collins, Rwanda 1994: The Myth of the Akazu Genocide Conspiracy and its Consequences (Rethinking Political Violence), Palgrave Macmillan Royaume-Uni, Édition Kindle.

 

[vii] De plus, l’observation de Reyntjens pointe vers un problème historique embarrassant si, comme le soutient le contre-récit, il n’y a pas eu de génocide tutsi, mais plutôt une agression externe, car cela voudrait dire que les chercheurs n’ont prêté attention qu’à une notion déformée, souvent incorrecte sinon inventée des événements.

 

[viii] https://genodynamics.weebly.com

 

[ix]Allan C. Stam cit inc. Edward S. Herman and David Peterson, The Politics of Genocide The Monthly Review Press, New York, 2010. P 56

 

[x]Helen C. Epstein, America’s secret role in the Rwandan genocide in The Guardian, 12 septembre 2017 ici : https://www.theguardian.com/news/2017/sep/12/americas-secret-role-in-the-rwandan-genocide

 

[xi]Edward S. Herman and David Peterson, The Politics of Genocide, The Monthly Review Press, New York, 2010. p 63

Voir la résolution 912 du Conseil de sécurité des Nations Unies (S/RES / 912), 21 avril 1994, para. 8. Les effectifs de la Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda ont été réduits à un objectif de 270, contre 1515 le 20 avril et 2165 le 6 avril. Selon l’ambassadeur du Rwanda aux Nations Unies, Jean-Damascène Bizimana : « La communauté internationale ne semble pas avoir agi de façon appropriée pour répondre à l’appel angoissé du peuple rwandais. Cette question a souvent été examinée du point de vue des voies et moyens de retrait [de la MINUAR], sans chercher à donner le poids voulu aux préoccupations de ceux qui ont toujours cru, avec raison, que compte tenu de la situation sécuritaire actuelle, les effectifs de la MINUAR devaient être renforcés pour pouvoir contribuer au rétablissement du cessez-le-feu et contribuer à la mise en place de conditions de sécurité susceptibles de mettre un terme à la violence. L’option choisie par le Conseil, réduire le nombre de soldats de la MINUAR, n’est pas une réponse appropriée à cette crise ». « La situation concernant le Rwanda », Conseil de sécurité de l’ONU (S / PV.3368), 21 avril 1994, 6. cit. dans Politics of Genocide, Monthly Review Press, New York, 2010. p.131

 

 

[xii] Barrie Collins, op. cit. p 14

 

 

[xiii] Edward S. Herman and David Peterson, Enduring Lies, op. cit. p 67

 

 

[xiv] Luc Reydams, Politics or Pragmatism?
 The International Criminal Tribunal for Rwanda and the Burying of the Investigation into the Assassination of President Juvénal Habyarimana,HRQ Mai 2018 https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2928946

 

 

[xv]Alex De Waal, dans un article récent paru en 2016, Writing Human Rights and Getting It Wrong, explique comment il a aidé à élaborer un récit du génocide qui parlait des événements comme d’un « crime organisé par l’État » plutôt qu’une « guerre tribale ». Il écrit un mea culpa pour ne pas s’être exprimé – et aussi parce qu’il a peur de devoir faire face à « une autre série d’attaques » des groupes de défense, puisque « ce qui avait commencé comme une histoire de minorité est devenue de l’orthodoxie » et « un permis de tuer » dans l’est du Zaïre et le Congo d’aujourd’hui. Concernant l’abattage de l’avion présidentiel Alex De Waal écrit en 2016 : « African Rights – ainsi que d’autres analystes –  a présenté la deuxième version comme un fait. Nous n’avions pas plus de preuves que n’importe qui d’autre, mais cela correspondait à notre récit et devenait rapidement la version officielle des événements. Il n’a pas été prouvé que notre version est fausse, bien que le poids de la preuve ait changé de direction». http://bostonreview.net/world/alex-de-waal-writing-human-rights

 

[xvi] Luc Reydams, NGO Justice: African Rights as Pseudo-Prosecutor of the Rwandan Genocide.Human Rights Quarterly 38 p 547–588 Johns Hopkins University Press 2016. http://www.corteidh.or.cr/tablas/r35223.pdf

 

 

[xvii]Alexander Zahar and Susan Rohol, The United Nations International Criminal Tribunal for Rwanda in Genocide at the Millenium, Samuel Totten editor, 2005. p 221

 

 

[xviii]Tiphaine Dickson cit in préface, Barrie Collins, Barrie Collins, op. cit.

 

 

[xix] John Laughland, A History of Political Trials from Charles the I to Saddam Hussein (« Histoire des procès politiques de Charles Ier à Saddam Hussein »), Peter Lang Oxford, 2008. Un chapitre est consacré à l’affaire Jean Kambanda au TPIR et à l’absurdité juridique d’admettre d’office un « génocide ».

 

 

[xx] https://christopher-black.com/the-dallaire-genocide-fax-a-fabrication/

 

 

[xxi]Charles Onana, Les secrets de la justice internationale: Enquêtes truquées sur le génocide rwandais, Paris, Duboiris, 2005. p 264

 

 

[xxii]Charles Onana, Les secrets de la justice internationale: Enquêtes truquées sur le génocide rwandais Paris, Duboiris, 2005 et Bernard Lugan, Rwanda : un génocide en questions, éditions Rocher, 2014 sont deux récits poignants des failles du tribunal d’Arusha.

 

 

[xxiii] L’auteur a visité une ONG, la seule chargée de surveiller le procès en Allemagne des Rwandais Ignace Murwanashyaka et Straton Musoni qui s’est tenu à Stuttgart, et a reconnu que le responsable n’avait aucune connaissance de base sur l’histoire rwandaise ou sur le contexte des procès.

 

 

[xxiv]Thierry Cruvellier, Brainless genocide in From Arusha to Arusha, the International Criminal Tribunal for Rwanda or an experience of contemporary legal diplomacy, DVD book, un film de Christopher Gargot, 2008. p. 59-74

 

 

[xxv]Témoignage vidéo disponible ici https://www.youtube.com/watch?v=ypRfHlJLJ-s

 

 

[xxvi]Hervé Deguine, An ideologue in the Rwandan genocide, an investigation on Ferdinand Nahimana, (Un idéologue dans le génocide rwandais, enquête sur Ferdinand Nahimana) mille et une nuit, Paris, 2010. Une vidéo de Hervé Deguine parlant de son expérience : https://www.youtube.com/watch?v=8Gb0WJYiTrU

 

 

[xxvii]https://www.thestar.com/news/world/2015/04/11/four-other-canadians-believe-theyre-being-targeted-by-rwanda.html

 

 

 

[xxviii]Nicoletta Fagiolo, Rwanda’s Untold Story. A Commentary on the BBC Two Documentary 17 décembre 2014 http://www.resetdoc.org/story/rwandas-untold-story-a-commentary-on-the-bbc-two-documentary/

 

[xxix]Edward S. Herman and David Peterson, The Kagame-Power Lobby’s dishonest attack on BBC documentary on Rwanda, 12 novembre 2014. https://www.pambazuka.org/governance/kagame-power-lobby’s-dishonest-attack-bbc-documentary-rwanda

 

[xxx]Edward Herman and David Peterson, Enduring Lies, op.cit. p 73.

 

 

[xxxi] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/09/25/rwanda-le-que-sais-je-qui-fait-basculer-l-histoire_5190733_3232.html

 

[xxxii] Stéphane Audoin-Rouzeau est un historien spécialiste de la Première Guerre mondiale ; Aurélia Kalisky, une chercheuse en littérature ; Yves Ternon, un médecin français et historien de la médecine qui a écrit des livres sur l’Holocauste juif et le Génocide arménien ; Vincent Duclert un historien spécialiste de l’affaire Alfred Dreyfus. La cinquième historienne, Hélène Dumas, est une étudiante qui vient de publier son doctorat sur les juridictions gacaca contemporaines du Rwanda d’aujourd’hui. Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry a publié trois livres, dont le premier en 2004, portant tous sur le Rwanda et la complicité de la France dans le génocide rwandais. Comment des non-spécialistes de l’histoire contemporaine de l’Afrique ou de l’histoire du Rwanda peuvent-ils penser qu’ils ont suffisamment de poids intellectuel pour signer une lettre aussi importante ?

 

[xxxiii]Pierre Péan, Carnages Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Paris, Fayard, 2010.

 

[xxxiv] « La loi de 2003 est allée au-delà de l’intention déclarée du Parlement de codifier les engagements internationaux. La loi érige en infraction pénale la minimisation, la négation ou la justification du génocide. La loi de 2008 décrit l’idéologie du crime de génocide. Ces deux lois ont été critiquées pour leur terminologie vague, qui ne décrit pas en termes clairs quels comportements engagent ou n’engagent pas la responsabilité pénale ». Cit. in http://scholarlycommons.law.northwestern.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1172&context=njihr

 

[xxxv]Anjan Sundaram, Bad News, Last Journalists in a Dictatorship, Bloomsbury, Great Britain, 2016. p 4 et discours d’Anjan Sundaram à l’édition de 2016 du Forum pour la liberté à Oslo, Detecting a Dictatorhip, consultable ici : https://www.youtube.com/watch?v=RJm_evZnoVo

 

 

 

 

 

 

 

 

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