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Pr. Raymond KOUDOU KessiéAncien Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France et en Israël sur la crise


En exil au Royaume-Uni

Au lendemain de la pseudo-élection présidentielle ivoirienne du 31 octobre 2020, l’Ambassadeur de l’Union Européenne (UE) SEM Jobst Von Kirchmann, accompagné de ses collègues de France, des USA et de la Grande Bretagne, a déclaré ceci le 4 octobre 2020 : « Avec mes collègues nous avons rencontré hier le Président du PDCI-RDA, nous avons réitéré l'appel de la communauté internationale à revenir sur les déclarations concernant une transition et à renouer un dialogue entre acteurs politiques dans un cadre constitutionnel. » Mme Geneviève Goëtzinger, ancienne Directrice Générale de RFI de lui répondre sur son Twitter : « Vous ne pouvez pas considérer crédibles ces institutions aux ordres comme le Conseil Constitutionnel. Vous ne pouvez pas ignorer que le Conseil National de Transition [mis sur pied par l’opposition au lendemain de la “présidentielleˮ du 31 octobre 2020] vise justement à restaurer un ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire. De grâce, ne malmenez pas l’image de notre chère Europe avec de telles déclarations.» C’est peut être ici en effet le lieu pour nous de demander de quel ordre et de quel cadre constitutionnel parlent-ils ? La candidature de M. Ouattara à un troisième mandat ne s’inscrivait dans aucun cadre constitutionnel puisque violant la constitution en son article 55 sur la limitation du mandat présidentiel à deux. La France et les organisations internationales dont l’UE n’ont pas jugé utile de s’impliquer pour le respect de la Constitution. Mais pourquoi évitent-ils tant la question de la violation de la constitution par M. Ouattara ? Par ailleurs la CEI, organisatrice de ladite élection est demeurée hors norme et illégale, par ce que M. Ouattara a refusé de la mettre en conformité avec les exigences énoncées dans le verdict de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. La France, l’UE et les autres organisations internationales qui sont restées silencieuses sur cette question sont-elles bien inspirées de demander à l’opposition de « renoncer à la transition et de respecter l’ordre constitutionnel »? C’est une erreur de jugement que de penser que les résultats issus d’une mascarade électorale peuvent être vus comme partie intégrante d’un ordre ou d’un cadre constitutionnel. Les organisations internationales, comme le médecin après la mort, viennent pourtant d’interpeller l’opposition et non Ouattara sur son entreprise si périlleuse et assassine pour la démocratie. Avant l’élection présidentielle, l’opposition a lancé de nombreux appels pressants au dialogue, en sollicitant expressément mais vainement leur médiation, notamment celle du Secrétaire Général de l’ONU, M. António Guterres. D’où vient-il donc que ce soit rien qu’après la parodie d’élection organisée et volée par M. Ouattara que la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’ONU et la France parlent-ils de « respect de l’ordre constitutionnel », de « dialogue à instaurer entre acteurs politiques dans un cadre constitutionnel » ? N’est-ce pas même hors de tout entendement de voir M. Ouattara, non encore déclaré élu par le Conseil Constitutionnel à ses ordres et n’ayant pas encore prêté serment devant lui, recevoir des lettres de créance d’ambassadeurs de pays comme la France. L’ordre constitutionnel dont ils parlent peut-il souffrir, qu’un seul, M. Ouattara s’impose à tous, que des leaders de la société civile soient jetés en prison, que des députés soient arrêtés et jetés en prison sans que leur immunité n’ait été levée, que la Constitution soit violée pour imposer un imposteur à la tête de l’État, que les membres de l’instance en charge de l’organisation des élections (CEI) et les juges constitutionnels (Conseil Constitutionnel) chargés de leur validation soient tous du camp de M. Ouattara ? Qu’en disent la CEDEAO, l’UE, L’UA et l’ONU ? Par ailleurs, l’ordre et le cadre constitutionnel évoqués par ces organisations internationales s’accommodent-ils de l’existence de milices armées de machettes, de gourdins et parfois d’armes à feu que le pouvoir laisse s’attaquer aux manifestants de l’opposition aux mains nues faisant ainsi plus d’une centaine de morts et de nombreux dégâts de biens meubles et immeubles ? Comment de grandes démocraties, si respectueuses des principes fondateurs de l’État de droit et des droits humains chez elles en Europe peuvent-elles fermer les yeux quand il s’agit de petits pays comme les nôtres ? Comment les intérêts économiques, géostratégiques de leurs pays peuvent-ils finir par prendre le pas sur la défense de la démocratie et l’État quand il s’agit de leurs néocolonies ? Comment peuvent-ils être si coutumiers du clair-obscur au gré de leurs intérêts ? Leurs déclarations à l’exemple de celles du chef de la diplomatie française M. Jean-Yves Le Drian cachent mal leur double jeu. En effet, le 5 novembre 2020, au terme de son séjour au Niger, il a rendu un vibrant hommage au Président Mahamadou Issoufou par ce que celui-ci, arrivant en fin de son mandat, a respecté son engagement de ne pas se représenter à un troisième mandat pour la présidentielle du 27 décembre 2020. M. Le Drian a ajouté que ces élections de 2020 auraient lieu dans le respect de la Constitution. Mais, à propos de l’élection présidentielle ivoirienne du 31 octobre 2020, M. Le Drian déclarait plutôt ceci le 7 octobre 2020 : « Si le Président Ouattara a souhaité se représenter pour un troisième mandat, c'est son libre choix », ajoutant qu’il ne souhaitait pas s’ingérer dans les affaires de notre pays, tête de pont de la Françafrique. La France et son administration confirment que ce qui vaut en France ne vaut rien dans ses néocolonies. Ils consacrent ainsi l’expression française ici mise à jour : « Vérité en-deçà de la lagune Ébrié, erreur au-delà. » J’en appelle par conséquent aux panafricanistes africains, aux patriotes et aux souverainistes ivoiriens notamment afin que nous ne nous bercions pas d’illusion sur la politique étrangère européenne, française en particulier. Pour cela, rappelons-nous d’abord ce que disait le ministre anglais Henry John Temple (1848) : « We have no eternal allies, and we have no perpetual enemies. Our interests are eternal and perpetual, and those interests it is our duty to follow. » [ Nous n’avons pas d’alliés éternels, et nous n’avons pas d’ennemis éternels. Nos intérêts sont éternels et perpétuels, et notre devoir est de les défendre. ] Gardons aussi à l’esprit cette célèbre déclaration du Président français, le Général De Gaule (1967) pour qui « Les Nations n’ont pas d’amis, mais des intérêts. » Ou, dit-il encore : « Un grand pays n’a pas d’amis. Les hommes peuvent avoir des amis, pas les hommes d’État. » Personne ne viendra défendre les intérêts de notre pays à notre place. Pour cela apprenons à compter avant tout et en tout sur nos propres forces avec pour paradigme que c’est unis et solidaires au-delà de nos appartenances, que nous vaincrons, tôt ou tard. Pourvu que nous ne nous laissions pas aller au découragement face aux difficultés de toutes natures qui ne manqueront pas de se dresser sur notre chemin. Les nombreuses pertes en vies humaines enregistrées dans les rangs du peuple debout, les mauvais traitements, les nombreuses arrestations, les emprisonnements et l’exil ne doivent en rien avoir raison de notre détermination tant que nous n’aurons pas mis fin au règne de l’imposture dans notre pays, imposture qui a pour nom, Alassane Dramane Ouattara, le valet patenté de l’impérialisme français en Côte d’Ivoire et la tête de pont de la Françafrique en Afrique de l’Ouest.

Pr. Raymond KOUDOU Kessié Ancien Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France et en Israël. En exil en Grande Bretagne.

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